Originaux Nihoul (Charles) - Acrylique sur carton. - ABAO Agrandir l'image

Nihoul (Charles) - Acrylique sur carton.

2001-00000032

Oeuvre originale, signée.

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50,00 €

FormatEnv. 170 x 240 mm

Il n'est guère aisé de bien définir la place que Charles Nihoul occupe dans notre vie artistique. Ce que l'on peut dire de prime abord, c'est que sa destinée paraît d'une extrême densité. Né à Liège en 1950, il fait partie d'une génération qui a toujours été comme on dit «mal dans sa peau»; elle se portera sur les barricades en 1968 et ne se consolera pas d'avoir été, en fin de compte, dépossédée de ses espérances.

Sur le plan artistique, Charles Nihoul a toujours tout fait pour élever le débat: dès 1974, il participe à des groupes d'avant-garde, signe des manifestes, publie des albums «engagés», mêle la poésie, le théâtre et l'architecture à son action. Incontestablement, il est un démiurge aussi bien fasciné par l'aventure humaine que par le mystère du ciel.

Sa peinture est sans fin parallèle à son action onirique ou sociale: elle éclate, elle tourbillonne, elle sillonne plusieurs voies d'évasion. Et puis survient la terrible rupture qui bouleverse fondamentalement la destinée de l'artiste: la mort de son épouse, Renée Tonnet, en 1987, lors d'un voyage à Budapest. Charles Nihoul ne s'en consolera jamais, et ses oeuvres porteront désormais les accents de son désespoir, en même temps que des interrogations sur la mort, la vie et l'art.

Ce sont là les expressions de la densité de ses états d'âme qui explosent et se diversifient dans les oeuvres que le peintre présente à la galerie Montjoie (21, rue Ernest Allard, à Bruxelles). Pour la circonstance, Joseph Orban et Jean-Jacques Messiaen signent un album consacré aux tableaux de Nihoul peints de 1987 à 1990, et qui s'intitule «Vortex». Il s'agit d'un dossier passionnel au ton fulgurant qui exprime en priorité les grands appels d'un créateur hanté par la transposition métaphysique des angoissantes réalités.

Depuis sa précédente exposition, Nihoul a voyagé aux Etats-Unis et au Mexique. Il a exposé à New York. Il a ainsi considérablement agrandi son aire d'envol. Il nous écrit à ce sujet: «J'ai parcouru pas mal de routes, au Mexique et aux States, et dans ma tête, à la recherche de réponses, puis, face au ridicule de la tâche, en simple observateur fasciné par tout ce qui touche les frontières de la vie et de la mort - ces choses qui tissent nos peurs et nos vénérations.» Et de conclure avec humilité: «Je tente de peindre l'ineffable qui joint le rien à la lumière, ce fluide qui nous unit les uns aux autres, à l'espace, au temps.»

Paul Caso, Le Soir, 9/10/1990